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<title>Last posts on baiser du détraqueur</title>
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<author>
<name>Isabelle</name>
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<title>La damnation dans Harry Potter : le baiser du Détraqueur ou le second procès de Barty Croupton Junior</title>
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<updated>2016-03-17T20:26:00+01:00</updated>
<published>2016-03-17T20:26:00+01:00</published>
<summary>   «&amp;nbsp;L’une des plus grandes souffrances, c’est de n’être rien pour...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-5322780&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lacorbeilleapapier.hautetfort.com/media/00/00/3553974109.jpg&quot; alt=&quot;détraqueurs.jpg&quot; /&gt;«&amp;nbsp;L’une des plus grandes souffrances, c’est de n’être rien pour personne&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;RIGHT&quot;&gt;Mère Térésa de Calcutta&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;CENTER&quot;&gt;&lt;em&gt;« La raison profonde qui empêche la communion avec Dieu est, encore et toujours,&amp;nbsp;la peur de Dieu&amp;nbsp;;&amp;nbsp;peur qui empêche de se sentir aimé comme un enfant »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;RIGHT&quot;&gt;Père Amorth, exorciste du Vatican&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Au cours du mois d'avril 2015, je crois que c'était le 18, il y a bientôt un an, j'ai promis à quelques joyeux drilles dans un bar geek d'écrire un article réhabilitant un personnage secondaire de Harry Potter que je trouvais injustement traité, en particulier dans le film.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;L'article s'est transformé en essai. D'après word, cela fait 16 pages. Je présente donc mes excuses à la fois pour la longueur de cet article et&amp;nbsp;la lenteur de sa rédaction.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;L'objet du présent essai est le terrible destin de Bartemius Croupton Junior, seul personnage&amp;nbsp;connu à avoir perdu son âme au sens propre (Harry Potter et la Coupe de Feu). Bref, un&amp;nbsp;délire de fan écrit pour des fans. Mais il est des fandom qui peuvent nous entraîner loin... en l'occurrence, traiter de la mort de l'âme, c'est traiter de la damnation. Ambiance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;La damnation, qui est la conclusion logique du dommage que l'on peut causer à une âme – et non à un corps – est un thème récurrent des livres Harry Potter. Les conséquences de la création d'Horcruxes ou encore&amp;nbsp;le souci que montre Dumbledore d'éviter à Malefoy de commettre un meurtre mettent l'accent sur la gravité de cet enjeu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Je vais considérer comme acquis que l'auteur du livre est de culture chrétienne si ce n'est de foi, et qu'elle ne citerait pas la Bible (Harry Potter 7) si elle n'en avait aucune connaissance. Bannissons en revanche toute interprétation allégorique qui serait abusive ou réductrice, et dans tous les cas décevante. Nous allons prendre l'histoire comme elle est, de l'intérieur, avec toutes les émotions qu'elle a pu faire naître dans notre cœur. Un amateur de Tolkien appelle cela l'applicabilité&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; href=&quot;#sdfootnote1sym&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; et je vous épargne les détails techniques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Tout d'abord, deux points préliminaires pour assurer que vous comprendrez ce que je mets derrière les mots clés de cet article.&lt;/p&gt;&lt;h4 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu'est-ce que la damnation&amp;nbsp;?&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;Se damner signifie perdre son âme.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;Si vous ne retenez qu'une chose de ce paragraphe, c'est bien ça. La Bible parle de κριμα&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; href=&quot;#sdfootnote2sym&quot; name=&quot;sdfootnote2anc&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; (krima), qui peut se traduire par «&amp;nbsp;jugement&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;condamnation&amp;nbsp;». Cette condamnation vient de Dieu, et elle est irrévocable&amp;nbsp;: c'est une sentence de mort appliquée au pécheur. Or nous sommes tous pécheurs, du fait du péché originel, et sans la rédemption offerte sur la Croix nous serions tous condamnés. &lt;strong&gt;Le «&amp;nbsp;damné&amp;nbsp;» d'après Pâques&lt;/strong&gt; devient celui qui refuse la grâce offerte sur la Croix par Jésus-Christ&amp;nbsp;; celui dont le cœur s'est fermé au point qu'il va &lt;strong&gt;refuser de se laisser sauver&lt;/strong&gt;. A la mort, ce choix devient irrémédiable. Est-il voué au malheur ? En tout cas, il est certainement voué à vivre sans Dieu, donc sans amour &lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;(car Dieu est amour)&lt;/span&gt;, pour l'éternité&amp;nbsp;: il a, comme on dit, perdu son âme. C'est une forme de mort&amp;nbsp;: la mort de l'âme, la mort spirituelle. C'est ce que les chrétiens appellent l'enfer.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;A ce sujet, Benoît XVI écrivait en 2007&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable: c'est cela qu'on indique par le mot «&amp;nbsp;enfer&amp;nbsp;».&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; (Spe Salvi, §35)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;C'est ce qui arrive à Voldemort, Voldemort, l'homme qui a fait tous les mauvais choix possibles. Mais dans les paragraphes qui vont suivre, je vais prendre un exemple plus simple que la personnalité complexe de Voldemort, personnalité que j'ai largement étudiée dans un mémoire très sérieux – &lt;em&gt;beaucoup&lt;/em&gt; plus sérieux que cet &quot;essai&quot; – &lt;a href=&quot;https://bit.ly/essaimortharrypotter&quot;&gt;publié aux Editions Maïa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;h4 class=&quot;western&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le baiser du Détraqueur&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans l'univers Harry Potter, il n'existe qu'un seul personnage ayant perdu son âme, au sens propre.&lt;/strong&gt; C'est assez unique pour être souligné et bref, ça mérite qu'on s'y arrête deux minutes – voire même un peu plus. Mais d'abord, les Détraqueurs :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 30px;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Les Détraqueurs comptent parmi les plus répugnantes créatures qu'on puisse trouver à la surface de la terre. Ils infestent les lieux les plus sombres, les plus immondes, ils jouissent de la pourriture et du désespoir, ils vident de toute paix, de tout espoir, de tout bonheur, l'air qui les entoure. Même les Moldus sentent leur présence, bien qu'ils ne puissent pas les voir. Quand on s'approche trop près d'un Détraqueur, toute sensation de plaisir, tout souvenir heureux disparaissent. Si on lui en donne le temps, le Détraqueur se nourrit des autres jusqu'à les réduire à quelque chose qui lui ressemble – des êtres maléfiques, dépourvus d'âme.&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;{Le Prisonnier d'Azkaban, page 197}&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le Détraqueur est la pire des créatures qui hantent l'univers de Harry Potter. Cette forme de démon éteint dans le cœur de ceux qui le côtoient toute pensée heureuse, laissant l'esprit en proie au plus profond des désespoirs. Quand vous êtes à côté d'un Détraqueur, vous devenez la proie de vos pensées les plus désespérantes, vos souvenirs les plus atroces reviennent vous hanter et vous n'avez même pas l'espoir que ces pensées vous quitteront un jour. C'est un genre de super-dépresseur méga anxiogène, si vous voulez. S'il en a l'occasion, le Détraqueur peut aussi vous &lt;em&gt;embrasser&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;Le baiser du Détraqueur a pour effet d'arracher votre âme de votre corps&lt;/strong&gt;. Vous êtes donc pire que mort. Vous êtes disparu. Effacé. Voué au néant. C'est la mort spirituelle, en opposition à la mort physique. &lt;strong&gt;Ce n'est rien moins qu'une image de la damnation éternelle&lt;/strong&gt;. C'est le pire des châtiments, la pire des expériences, le pire des destins que l'on puisse imaginer – bien-sûr j'estime pour acquis que, à moins d'être Voldemort, vous avez compris que la mort n'est pas la plus terrible mésaventure qui puisse arriver à quelqu'un&amp;nbsp;; &lt;strong&gt;vivre et mourir sans amour est bien plus terrible&lt;/strong&gt;. La personne qui est embrassée par un Détraqueur continue de vivre, physiquement&amp;nbsp;; mais elle est privée de son identité, de ses émotions, de ses sentiments, de sa liberté, de tout ce qui fait son âme et l'on ne sait pas où même cette âme disparaît. C'est &lt;strong&gt;irrémédiable&lt;/strong&gt;. Pas de retour possible. Dans les Harry Potter, JKR ne présente qu'&lt;strong&gt;un seul cas effectif &lt;/strong&gt;(Harry Potter et la Coupe de Feu).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Barty Croupton Junior a été embrassé par un Détraqueur à l'âge approximatif de 32 ou 33 ans. Dernière sommation&amp;nbsp;: oubliez le film. Pour vous y aider, un bref portrait respectant la chronologie du livre. Les pages mentionnées en référence font toutes référence à l'édition Gallimard Jeunesse de 2007.&lt;/p&gt;&lt;ul style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;On rencontre d'abord le père&lt;/strong&gt;. Un homme pour qui &lt;strong&gt;l'ordre et la loi&lt;/strong&gt; sont des obsessions presque maladives &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 4, Verpey et Croupton, page 101}&lt;/span&gt;. Un homme &lt;strong&gt;impitoyable&lt;/strong&gt;, qui renvoie sa servante Winky et la réduit au malheur sans l'once d'un remord &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 9, La Marque des Ténèbres, page 150}&lt;/span&gt;. Un homme étrange aussi, qui se fait passer pour malade, maladie qui dissimule visiblement un secret &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 23, Le Bal de Noël, page443, puis à nouveau Chapitre 27, Le Retour de Patmol pages 553 &amp;amp; 554...}&lt;/span&gt;&amp;nbsp;; et n'ayant guère de sympathie pour lui, comme Harry, on en vient à le trouver louche.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;On apprend ensuite que &lt;strong&gt;le père a condamné son propre fils&lt;/strong&gt;, qu'il méprisait (d'après Sirius, parrain et référent de Harry dans ce livre), à Azkaban. Il a livré son fils aux Détraqueurs lors d'un procès exécutif, sans que l'urgence ne le commande&amp;nbsp;:Voldemort était déjà tombé, la guerre était finie. Forcément, tout cela ne rend pas le père sympathique&amp;nbsp;; d'autant plus que Sirius, avec la légitimité de l'innocent condamné (je reviendrai sur le contexte), évoque une possible erreur judiciaire &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 27, Le Retour de Patmol, pages 559 à 562}&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Croupton père apparaît peu après ses révélations en état de folie avancée, à l'orée de la forêt noire. Les soupçons croissent alors... &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 28, La Folie de M. Croupton, pages 587 à 590}&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt; Mais que veut-il dire par «&amp;nbsp;mon fils... ma faute&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Quel mystère entoure sa folie&amp;nbsp;? De quoi s'accuse-t-il&amp;nbsp;? A ce stade, comment le lecteur pourrait-il s'en douter&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;On assiste enfin au procès en lui-même&lt;/strong&gt;, en plongeant dans les souvenirs de Dumbledore dans la Pensine &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 30, La Pensine pages 630 à 632}&lt;/span&gt;. La haine de l'ensemble des jurés qui tombe sur le garçon, encore adolescent, comme sur les autres présumés coupables (dont la très horrible Bellatrix Lestrange). &lt;strong&gt;Le désespoir du garçon&lt;/strong&gt;, qui supplie sa mère, qui supplie son père. Cette scène a été écrite pour être déchirante, pour émouvoir le cœur des lecteurs et le faire pencher en faveur du fils (et de la mère) contre le père.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Pour finir, &lt;strong&gt;nous rencontrons enfin Barty Junior en personne à la toute fin du livre&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 35, Veritaserum pages 722 à 731}&lt;/span&gt;. Et c'est le choc. Celui pour qui nous avions éprouvé tant de compassion, avec Harry, était coupable, a toujours été coupable&amp;nbsp;! Et pourtant, quelle différence entre le garçon larmoyant et suppliant du procès, 13 ans plus tôt, et cet homme déterminé, froid, passionné, au regard de dément.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Mais retournement ultime de situation. Junior reçoit le baiser du Détraqueur &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;{&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;Chapitre 36, La croisée des chemins, pages 742 &amp;amp; 743}&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;Junior n'a pas perdu son âme en un jour.&lt;/strong&gt; Lors de son procès, nous le voyons supplier son père&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ne me renvoie pas chez les Détraqueurs&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Chapitre 30, La Pensine pages 631}&lt;/span&gt;. Dans ce «&amp;nbsp;ne me renvoie pas&amp;nbsp;», Junior supplie son père, non de lui sauver la vie, mais de sauver son âme, de ne pas la laisser se perdre. Il en appelle à l'amour de son père, cet amour qui seul aurait pu lui éviter la con-damnation. &lt;strong&gt;En effet, et ce sera l'objet de mon propos, si l'on ne perd pas son âme en un jour, on ne la perd pas seul non plus...&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;h1 class=&quot;western&quot; style=&quot;padding-left: 60px; text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le lecteur en balade&lt;/h1&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Si l'on en croit Umberto Eco, le texte est une machine paresseuse, qui attend le lecteur pour se dévoiler, dans toutes ses dimensions. Mais je me demande à quel point le lecteur n'est pas plus paresseux encore&amp;nbsp;; et JKR est passée maîtresse dans l'art de faire passer son lectorat d'un état d'esprit à un autre. Elle nous balade, et la famille Croupton en est un témoignage flagrant.&lt;/p&gt;&lt;h3 class=&quot;western&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Un terrain soigneusement préparé&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&quot;western&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sirius Black, innocent condamné&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;strong&gt;Harry Potter et la Coupe de Feu ne prend pas le lecteur de nulle part&lt;/strong&gt;. A priori, nous avons lu les tomes précédents&amp;nbsp;: en particulier le Prisonnier d'Azkaban. Avec l'affaire Sirius Black, &lt;strong&gt;trois grandes leçons nous ont préparés&lt;/strong&gt; à prendre le parti du fils Croupton.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Nous apprenons tout d'abord à &lt;strong&gt;nous méfier des apparences&lt;/strong&gt;. Dans l'Ecole des Sorciers, nous avons pensé Rogue coupable, alors que c'était Quirrel. Dans la Chambre des Secrets, nous avons cru Malefoy coupable, alors que c'était une Ginny possédée qui ouvrait la chambre. Dans le Prisonnier d'Azkaban, &lt;strong&gt;nous apprenons, avec Harry, à haïr Sirius Black&lt;/strong&gt;. Nous le haïssons tant. Tout en lui est haïssable, jusqu'à son visage de squelette, son rire dément. Mais &lt;strong&gt;Sirius est innocent&lt;/strong&gt;, Sirius était un héros, le digne parrain de Harry, le meilleur ami de James, fidèle entre tous&amp;nbsp;! Il devient en un éclair aimable, et l'&lt;strong&gt;erreur judiciaire&lt;/strong&gt; qui le frappe apparaît comme une &lt;strong&gt;injustice profonde&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Du même coup, nous &lt;strong&gt;perdons confiance dans la justice que rend le ministère&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;! Par le refus de Cornelius Fudge d'écouter la version de Dumbledore à la fin du Prisonnier d'Azkaban, la bêtise du ministère éclate au grand jour et notre confiance en Cornelius Fudge, le ministre de la magie, est sérieusement érodée. &lt;strong&gt;Comment ont-ils pu mettre un innocent en prison&lt;/strong&gt;, comment ont-ils pu le livrer aux Détraqueurs, et menacer de le laisser embrasser&amp;nbsp;? Qui a livré aux Détraqueurs Sirius Black à l'époque, 13 ans plus tôt, au fait&amp;nbsp;? C'est Barty Croupton Senior. Et il fut condamné sans procès. Sirius Black est sauvé in extremis de cette injustice terrible, mais l'alerte fut chaude.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Nous apprenons enfin, toujours dans le prisonnier d'Azkaban, à &lt;strong&gt;haïr les Détraqueurs,&lt;/strong&gt; qui gardent la prison d'Azkaban, et à &lt;strong&gt;prendre le parti de ceux qu'ils pourchassent&lt;/strong&gt;. La plus grande crainte de Harry&amp;nbsp;: l'horreur qu'ils nous inspirent dès le train, l'effroi lors du match de Quidditch où ils s'invitent, la terreur que nous éprouvons au bord du lac... Le lecteur sort de Harry Potter 3 en ayant perdu confiance dans le Ministère, capable de s'allier avec des créatures si immondes, contre l'avis du sage Dumbledore. Des créatures capables de faire subir à un être humain un châtiment que personne au monde ne mériterait... «&amp;nbsp;Vous croyez vraiment que quiconque peut mériter ça&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» demande Lupin à Harry &lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Le Prisonnier d'Azkaban, chapitre 12, page 258&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;}&lt;/span&gt;. Oui, répond celui-ci, à l'époque. Et pourtant, la question est posée, et restera dans l'esprit du lecteur. Avec Harry, nous avons peut-être cru que Sirius méritait cette atroce fin. Et nous avions tort, ô combien. Aussi, après la lecture de ce livre, ne soyons pas si prompt à distribuer mort et jugement... Même les plus sages ne peuvent prévoir toutes les fins&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;&lt;h4 class=&quot;western&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mr Croupton, le légaliste louche&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Avant de rencontrer le fils, nous rencontrons le père. N'oublions pas qu'Harry – et donc, &lt;strong&gt;le lecteur – ignore tout de Junior jusqu'à la scène de la Pensine&lt;/strong&gt;. Tout ce que nous savons de Junior, c'est que son père l'a fait condamner. Nous ne connaissons, de fait, que le père pendant les deux tiers du livre. Or, comment nous apparaît ce père&amp;nbsp;? Le patron de Percy Weasley a l'air parfaitement accordé à son secrétaire. &lt;strong&gt;Légaliste et formaliste&lt;/strong&gt; jusque dans les moindres détails, de toute évidence, il est d'un ennui mortel. Le premier portrait qui nous en est dressé, lors de la Coupe du Monde de Quidditch, nous présente un haut-fonctionnaire dont le respect des conventions sociales est parfait.&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;Il n'aurait pu offrir contraste plus frappant avec Ludo Verpey, vautré dans l'herbe avec sa vieille robe de l'équipe des Frelons. Barty Croupton était un vieil homme raide et droit, vêtu d'un costume impeccable avec cravate assortie, et chaussé d'escarpins parfaitement cirés qui étincelaient au soleil. La raie de ses cheveux gros coupés courts était si nette qu'elle paraissait presque surnaturelle et son étroite moustache en forme de brosse à dent semblait avoir été taillée à l'aide d'une règle à calcul. Harry comprit tout de suite pourquoi Percy le vénérait. Aux yeux de Percy, rien n'était plus important que d'observer scrupuleusement les règles et Mr Croupton avait tellement bien suivi celles de l'habillement moldu qu'il aurait très bien pu se faire passer pour un directeur de banque. Harry doutait que l'oncle Vernon lui-même ait pu deviner qui il était réellement. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;{Page 100}&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je me souviens que mon grand-père avait un Axminster qui pouvait transporter douze personnes – mais c'était avant que les tapis volants ne soient interdits, bien-sûr.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #c5000b;&quot;&gt;Il avait dit cela comme s'il tenait à ce que tout le monde soit bien convaincu que ses ancêtres avaient toujours scrupuleusement respecté la loi. &lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;{Page 101}&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;Le rapport que Percy Weasley entretient avec son supérieur est si fusionnel que Croupton Senior et Percy Weasley ne font rapidement plus qu'un dans l'esprit du l
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